"Long Chris"

Long Chris

Rétroscopie

Rétroscopie

Long Chris

Stetson vissé sur la tête, jeans, santiags et guitare folk, Long Chris affiche sans affectation ni effet de mode l'amour d'une certaine Amérique, mythe à rêver de quelques petits français qui eurent vingt ans en 1960, au plus fort de l'explosion rock'n'roll aux Etats Unis. Pote d'Eddy Mitchell (pas par hasard) avec lequel il chantait devant la plage de Royan pendant les grandes vacances de 1958.
Long Chris forme Les Daltons et enregistre en 1962 un premier quarante-cinq tours (adaptation de "Hello Josephine" de Fats Domino) avant de signer chez Philips, la boite de son autre pote Hallyday.

Adeline & Long Chris

Cette réédition présente en deux Cd sont intégrale pour ce label, avec jusqu’en 1965 (premier volume) une majorité d’adaptations, "Tryin' to get to you" d’Elvis Presley, "I'm going home" de Gene Vincent, "Got a funny feeling" de Cliff Richards, "Tallahassee Lassie" de Freddie Cannon, "We're gonna move" d'Elvis Presley, "Dancin' party" de Chubby Checker, les obscurs "Evergreen tree" et "Hot dollar", la reprise de "La ballade de Jessie James" et quelques compositions originales, elles-mêmes références au mythe du cow-boy solitaire et mélancolique ("Ma guitare et mes bottes" de Jean-Jacques Debout, "Le cow-boy solitaire", "Le train qui part ce soir", "Billy the kid", "Pour nos joies et pour nos peines"…).

Long Chris et les DaltonsLong Chris et les DaltonsLong Chris

A partir de 1966, Long Chris se lance dans l'écriture et la composition, avec un talent indéniable. Assez proche de la verve des beatnicks américains, alors très à la mode en ce temps là. Un original "Ce grand garçon", la reprise de "She belongs to me" de Bob Dylan loin du scolaire Hugues Aufray, "Plan de fugue", "La ballade du fils indigne", frôle la poésie psychédélique ("Hachisch", "Rêve mythologique", "Auto-extermination", du surréaliste "Paris se saborde" à la romantique « petite fille de l’hiver »...), puis bonne collaboration avec le musicien américain Steve Waring ("Le chat revient") et atteint les sommets avec "La génération perdue", lourde complainte rebelle, manifeste pré soixante-huitard prémonitoire impressionnant. Johnny Hallyday qui la reprendra comme axe de son album londonien éponyme en 1967, se montrera politiquement correct avant l'heure en modifiant la conclusion, "Tu pourras faire briller le nom que l'on t'a imposé" devenant "Tu pourras faire briller le nom que ton père t'a donné" ! (pas question de choquer les parents, ce sont eux qui paient les disques de leurs gosses...).

Johnny HallydayLong Chris


Long Chris termine sa carrière dans le show-biz en écrivant des textes à succès pour Johnny Hallyday : « je suis né dans la rue », « cours plus vite Charlie », « joue pas de rock’n roll pour moi », « si j’étais un charpentier », « je veux te graver dans ma vie », « dégages », « la fille de l’été dernier » et « Gabrielle ».

François Branchon © Sefronia (Revu et corrigé par Long Chris himself…)

 
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